Domaine de l'acoustique

Bioacoustique

Présentation du secteur d'activité

La bioacoustique étudie les liens entre le monde sonore et le monde du vivant. Elle se divise
en deux sous-disciplines, l’éthoacoustique et l’écoacoustique. L’éthoacoustique s’intéresse
aux comportements et communications acoustiques inter- et intra-individuelles ou
spécifiques. Elle combine des outils issus de l’acoustique, de la science de la
communication et de l’éthologie. L’écoacoustique, pour sa part, se focalise sur les signaux et
les ambiances sonores à une échelle plus large, celle des populations et des écosystèmes
naturels. Elle cherche à étudier la structuration des paysages sonores naturels et à répondre
à des questions environnementales, par exemple sur la biodiversité ou le suivi de
populations, à partir d’outils acoustiques. Parce qu’elle couvre un champ vaste des sciences
du vivant, la bioacoustique mobilise de nombreux sous-domaines de l’acoustique : de l’étude
des phénomènes de propagation au traitement du signal sonore, en passant par la
vibroacoustique ou l’aéroacoustique pour l’étude des organes de production et de réception
des sons, ou encore la psychoacoustique pour par exemple l’analyse des communications
vocales humaines non verbales.

Les enjeux de la recherche

La recherche en éthoacoustique est avant tout fondamentale, cherchant à enrichir les
connaissances en éthologie animale. Toutefois, elle peut également être mise au service
d’enjeux sociétaux et sanitaires. Elle intervient, par exemple, dans la mise au point de
méthodes d’effarouchement pour la gestion des conflits entre activités humaines et faune
sauvage, qu’il s’agisse des interactions entre cétacés et navires ou entre la faune terrestre
et les infrastructures aéronautiques, ferroviaires ou routières. Elle peut aussi contribuer au
développement de répulsifs non chimiques pour les espèces vectrices de pathologies
humaines, comme les moustiques ou certains rongeurs, ou encore participer à l’amélioration
du bien-être animal en élevage. L’écoacoustique à une visée applicative plus directe, elle
élabore des outils permettant le suivi de la santé des écosystèmes naturels et de certaines
populations spécifiques. Elle cherche aussi à quantifier l’impact des activités humaines,
qu’elles soient acoustiques ou non, sur les écosystèmes à large échelle spatiale et
temporelle. Dans cette perspective, elle peut être utilisée pour évaluer l’efficacité des
politiques de protection de la nature, comme celles liées à la trame verte et bleue ou aux
zones protégées, voire pour guider directement ces politiques, notamment à travers la
notion de trame blanche.

Les métiers

Bien que toujours fortement ancrée dans la recherche académique, la bioacoustique permet
aujourd’hui des débouchés professionnels variés. Elle offre notamment la possibilité
d’intégrer des bureaux d’études en environnement, parfois spécialisés en écoacoustique
terrestre et/ou marine, en tant que consultant ou ingénieur technique. En complément d’une
formation de biologiste, elle peut aussi mener à des postes de gestionnaire de la faune ou
de chargé de mission pour l’aménagement du territoire au sein de structures de gestion
territoriale. Par ailleurs, elle ouvre des perspectives de carrière plus atypiques, comme celle
d’audionaturaliste, et elle entretient de plus en plus de liens avec le domaine de la création
sonore et de la composition musicale contemporaine, permettant ainsi de se tourner vers
une voie plus artistique.