Travail du LAUM sur l’inventaire de son patrimoine scientifique
En lien avec les initiatives nationales de préservation de la mémoire scientifique, durant un mois, deux étudiants en Master d’histoire se sont attelés à mettre en avant une collection d’instruments de mesure en acoustique et de prototypes musicaux.
Le LAUM est issu d’une riche tradition qui débuta dans les années 1970 et 1980 sous la direction de ses fondateurs, Anne-Marie et Michel Bruneau. Afin de sauvegarder ce patrimoine matériel, un stage d’un mois a été confié à Axel Lecourt et Nathan Germain, deux étudiants en Master 2 Histoire de Le Mans Université. Leur mission avait pour but d’identifier, inventorier et imaginer la valorisation des anciens instruments scientifiques utilisés au laboratoire durant les décennies 1970-1990.

Le travail a consisté à classer le matériel en deux catégories distinctes :
- D’une part, les objets dits standards, comme le matériel de la marque danoise Brüel & Kjær, en
s’appuyant sur la documentation disponible en ligne. - D’autre part, les instruments plus rares et les prototypes spécifiques développés en interne, exigeant
des recherches plus importantes et la collecte de témoignages directs auprès des chercheurs.
À ce jour, plus de trente objets ont été photographiés, mesurés, documentés et finalement étiquetés d’un numéro d’inventaire unique. Les informations récoltées (périodes de fabrication, dimensions, principes et contextes) ont permis de réaliser des notices détaillées destinées à la base de données nationale PATSTEC (Patrimoine Scientifique et Technique Contemporain). Ce travail vise à rendre cette collection visible, que ce soit pour les érudits du patrimoine, le réseau national ou, à terme, le grand public.
A titre d’exemple, cet inventaire a été l’occasion de réaliser l’étude d’un prototype musical inédit : une flûte quart de ton réalisée en 1986. Ce projet d’instrument initié par Jean Kergomard et Xavier Meynial a donné naissance à un prototype breveté fabriqué par le facteur de flûtes à bec Philippe Bolton. Cet instrument repose sur l’ajout d’une clé ouvrant un tube auxiliaire près de l’embouchure pour modifier la hauteur de note de manière plus simple que les systèmes pré-existants.
Au-delà des spécificités physiques, la valeur de ces objets réside aussi dans leurs usages humains et scientifiques. Afin de capturer « l’esprit » du laboratoire, les étudiants ont mené des entretiens avec les chercheurs qui ont manipulé ces objets au quotidien. Ils ont notamment retracé le parcours de Jean-Pierre Dalmont, enseignant-chercheur spécialiste de la physique des instruments de musique, présent au LAUM depuis près de 40 ans.
L’étape finale de ce stage s’oriente désormais vers la médiation. Axel Lecourt et Nathan Germain mènent une réflexion sur la création d’un dispositif d’exposition en envisageant la reconstitution d’une paillasse d’exposition d’époque, en mêlant histoire thématique et histoire périodique. L’enjeu est ici de faire comprendre l’intérêt de ces objets au grand public en expliquant de manière accessible leur utilité, les découvertes qu’ils ont permises, et l’aventure humaine qui en est liée.
Une fiche PATSTEC disponible en ligne ressemble à cela :

Nous y retrouvons différentes informations permettant d’identifier l’objet, ainsi qu’une description de celui-ci. La manière dont les objets sont utilisés y est également indiquée. Une partie de ces fiches sera accessible par la suite au public, tandis qu’une autre sera réservée aux partenaires scientifiques.
Pour en savoir plus sur l’inventaire et les projets de valorisation du patrimoine acoustique, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de PATSTEC : https://www.patstec.fr/ ou contacter la mission nationale PATSTEC : mission-patstec@univ-nantes.fr